LA FACE CACHÉE DES LUNES

Valérie Schiltz

« Quand on pense "lune", on pense à notre lune, cette grosse roche grise pleine de craters. Pourtant, il y a plus de 80 lunes dans notre système solaire!» s'exclame Bettina Forget, l'artiste derrière la plus récente exposition de la Galerie de la Ville, Genèse lunaire.

«Il y en a de très belles, avec des atmospheres, des volcans, des geysers. Il y a des lunes fushias, d'autres jaunes. C'est surprennant!» Au fait, qui sait que sur Europa, une lune de Jupiter, on retrouve plus d'eau que sur notre planète bleue?

La trentaine d'oeuvres de Bettina Forget nous fait découvrir toutes les beautés de ces lunes, leurs couleurs vibrantes, leurs rondeurs, leurs cratères, ces petites imperfections que l'artiste rend si poétiques. Surtout lorsque l'on sait que ces petits cratères sont créés par des gouttes de pluie. En effet, Bettina Forget fabrique ses lunes en molures de plâtre qu'elle laisse sécher puis recouvre de gel acrylique. Les jours de la pluie, elle leur fait prendre l'air. Les petits trous de ses lunes sont l'oeuvre de la nature, chose qui lui plaît énormement.

Surprenante technique? Bettina Forget n'en est pas à une expérimentation près! Plusieurs de ses oeuvres en trois dimensions, en acrylique et techniques mixtes sur toile, présentent des formes comme suspendues dans le vide, rattachées au tableau à l'aide de cordes. Eh! bien, ces cordes sont de la soie dentaire!

Et que dire de l'écriture qui orne ses tableaux: inuktitut, code morse, sütterlin... «Le sütterlin est une vieille écriture allemande que ma grand-mère m'apprise. C'est une partie de la culture allemande presque morte que j'essaie de garder vivante par mes tableaux.» Ella ajoute: «Juste sur la terre, il y a une multitude de cultures. Ces eecritures sont pour moi toutes les possibilités, les variétés de vie qui pourraient se développer ailleurs. Et ces écritures sont mysteerieuses, comme le science. On croit comprendre, mais il reste toujours une part de flou.»

Originaire de Hambourg, en Allemagne, elle habite maitenant Montréal. curieuse de connaître l'impact de la glace et de la neige sur ses toiles, elle en laissées quatre dans le lac Archambauld quatre mois durant! Elle a pris des photos de son projet, photos exposées à la Galerie. «Je ne recule devant rien pour experimenter!» dit l'artiste qui s'interesse à l'astronomie depuis qu'elle est petite.

«Jeune, à Hambourg, il n'y avait rien à faire. Alors j'étais toujours au planétarium et voulais devenir astronaute! Cet amour de la science et de l'astronomie m'est toujours resté.» Et le gout de la recherche aussi alimente et inspire cette membre d'un club d'astronomie.

Ses oeuvres, aussi poeetiques qu'étonnantes, sont exposées à la Galerie de la Ville de l'arondissement Dollard-des-Ormeaux - Roxboro jusqu'au 14 mars.

Cites Nouvelles, section Arts et Spectacles
Le 22 février 2004
www.citesnouvelles.com

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